horizon brûlé

 

Cette pièce, je l’ai peinte en début du mois de juillet. Je voulais travailler la couleur sur noir, et évoquer à l’horizon d’un lac salé, la lueur d’un incendie reflétée sur une terre désertée.
Ca, c’était mon intention… une troisième pièce de ma série intitulée « 2021 ». Les suites d’une éruption volcanique, un espoir de voir la révolte de la terre obliger les petits humains que nous sommes à un peu d’humilité…

D’un point de vue purement technique, je me demandais comment réagiraient mes couleurs appliquées sur une base noire; comment ce noir allait-il donc se transformer ? Obtiendrais-je simplement quelques couleurs « sales », sans nuances et sans profondeurs, ou parviendrais-je à restituer les éclats d’un incendie sur des lumières nocturnes

J’ai pour le moins appris qu’il est possible de « colorier » des noirs sans forcément perdre tout contraste et toute intensité ! Toutefois, mon paysage, bien que très proche de ce que j’avais envisagé, m’apparaissait trop uniforme. Mes effets de perspective au sol me semblaient vides, l’ensemble, paradoxalement manquait de profondeur.
Jusqu’à ce que j’intervienne sur la peinture avec un dessin blanc transparent, un plâtre encollé rehaussé de craie qui, à mon sens, apporte à la pièce un surcroit de profondeur en fonctionnant au premier plan comme une porte vers l’horizon.

L’ajout de plâtre sur une surface peinte est toujours une surprise, puisque la couleur et sa matière n’apparaissent qu’au moment où le trait commence à sécher, et que l’effet ne peut s’en mesurer avant que le dessin sur le fond peint ne soit totalement sec.

 

lagune

2021, lagune
écolines et couleurs maison sur noir de suie, cires, plâtre encollé sur fibre de cellulose préparée
116 x 111 cm avant mise sur châssis

Une fois cette étape franchie, et après m’être accordé le minimum de recul nécessaire à une pièce d’un genre nouveau, je me suis rendue compte de l’aspect liquide de mon étendue de sol.

C’est au cours d’une balade au bord du lac de Neuchâtel, dont les berges sont bouleversées par une très récente inondation, que j’ai pris la mesure de mon intention concernant cette peinture, et celle des conséquences de dérèglements naturels difficilement imputables à autre chose qu’à la vanité et à l’inconséquence humaine…

On en pensera ce qu’on voudra. La pièce est sans doute perfectible, elle est en tout état de cause extrêmement difficile à photographier. Mais à moi, elle me plait bien ainsi.

 

 

 

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