Jeanne Schmid développe une pratique qui interroge les conditions de perception de l’espace et de la matière.
Issue du dessin envisagé comme mode de pensée, sa recherche a d’abord porté sur la ligne comme opérateur spatial : non pour représenter l’espace, mais pour le faire apparaître, révélant les volumes invisibles qui structurent le vide.
Aujourd’hui, peinture, micro-sculpture et installation in situ prolongent cette recherche.
Le papier devient substance, les peintures se font strates.
Intégrant terres, pierres ou fibres végétales, le travail ne figure pas un territoire ; il en procède, engageant une relation directe entre lieu, matière et volumes.
Une approche multimédia soutient la démarche, ouvrant des possibilités d’expérimentations sensorielles et spatiales.
Du vide à la densité, c’est la même tension qui est à l’œuvre : rendre perceptible ce qui échappe ordinairement à la perception.

L’empreinte de la matière
Ma pratique de la peinture s’articule autour d’encres, de pigments, de teintures végétales, de terres et de pierres moulues. J’évite l’utilisation des couleurs acryliques, pour développer mes nuances à partir de la matière elle-même, en accordant une attention particulière à la préparation des supports.
La trace du geste se dépose, simple et essentielle.
Inspirée par la peinture zen et le motif du ensō, je développe également des incursions dans un paysage imaginaire, souvent minéral.
La matière accompagne le mouvement. Elle inscrit son empreinte dans une certaine densité et nourrit une réflexion sur les conditions matérielles qui façonnent mon travail.
Du support au volume
Dans une progression en spirale, un instant clôt un niveau dans le cycle du temps, ouvrant la porte à de nouveaux développements.
Ainsi, depuis quelques années, poudres et pulpes s’allient aux papiers pour me propulser à nouveau dans la troisième dimension. Les volumes émergent, les objets organisent l’espace. Le temps et la mémoire y déposent leur empreinte.
Mes recherches me rapprochent de la nature, de ce qui vit et se transforme autour de nous. Elles entretiennent une attention constante aux ressources naturelles, à leurs transformations et à la fragilité des milieux dont elles procèdent.
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