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sans papiers

Mes recherches autour des pâtes à papier végétales commencent à porter leurs fruits.

Pâte de feuilles de maïs et colle de farine

Les processus sont très longs.
Après la récolte, une phase de séchage pour assurer le stockage des plantes, puis des trempages de plusieurs jours – voire de plusieurs semaines – du déchiquetage et du découpage, un ou deux lessivages en cuisson, essorage, rinçage, pressage, mixage… Plusieurs jours sont nécessaires pour obtenir la pulpe que je vais pouvoir travailler.
Le maïs me permet de sculpter des formes pleines sans rien ajouter, alors que des moulages fins vont nécessiter l’ajout d’un médium …
Trouver lequel, trouver les bonnes proportions, malaxer la masse jusqu’à obtention d’une consistance intéressante …
Sculpter !

Petit monolythe en pulpe de maïs pure

Puis vient le séchage ! Aucun objet, aussi fin soit-il ne va sécher en moins de 36 heures.
Tout ceci me laisse de grandes plages de temps libre, que je remplis en travaillant sur d’autres pièces, en documentant mes recherches et mes découvertes (les ratages aussi !), en réfléchissant à de nouveaux projets…

Coupelle de maïs en appui sur un bloc d’asphalte d’Avéjan,
grande coquille de marbre, coquille d’oeuf et écorce

L’image ci-dessus présente une installation que je me réjouis de présenter dans cette version épurée.
L’autre version ?
La grande coquille a été pensée comme un écrin pour une crèche de Noël pour l’église protestante de Montreux. Elle n’y sera finalement pas montrée, je pense que l’environnement dans lequel je la situais était un peu trop engagé pour le conseil de paroisse qui avait le dernier mot dans le choix des projets.
Toujours est-il qu’après avoir remporté l’étape de sélection du concours ouvert par l’association locale des artistes visuels, je me suis lancée dans ce projet, qui sera visible en vieille ville de Montreux pendant la période de l’Avent. J’en ferai quelques photos…
Si j’en parle ici, c’est parce que la réalisation de la coquille m’a permis de franchir un pas important !
Elle est « grande » (45 cm de diamètre)! Le volume est renforcé par un filet souple, et l’objet a été réalisé en plusieurs étapes et couches successives. Les premières couches comportent encore un peu de pulpe de papier, mais au cours de ce processus, j’ai mis au point un ciment « organico-minéral » que j’utilise désormais pour sculpter des volumes. J’en reparlerai.

Sans papier, ce titre est donc un brin trompeur ! D’autant que les pâtes végétales que j’utilise dans mes nouveaux volumes sont finalement obtenues selon le processus d’élaboration des pâtes à papier.
Je ne vais pas m’arrêter à si peu. Mes recherches se poursuivent.

Une boule de jute dans un volume en pâte à papier.
En arrière-plan et au sol, trois feuilles de carton-pierre et de carton-terre